Beaucoup d'erreurs, que l'on regrette après, sont dues à des décisions prises à la hâte.
Entrez, sortez, tournez autour, asseyez-vous là, et encore là, voyez le jour se lever, s'éteindre, le soleil et la pluie, réfléchissez, rêvez, imaginez la suite. Efforcez-vous de comprendre votre maison. Vous en êtes le dépositaire responsable. Vous l'aimez, alors respectez-la. Selon les décisions que vous prendrez, vous en détruirez le charme à jamais, ou bien vous la préparerez doucement à vivre sa nouvelle vie.
Ce faisant, vous ferez un superbe cadeau aux passants, aux amis, qui vous rendront visite et... vous donnerez plus de valeur à la maison pour ceux qui vous succéderont.”
(Préambule / Page Conseils, du site de Maisons Paysannes de France)
Faisant nôtre cet état d’esprit, nous avons essayé de trouver des solutions adaptées.
C’est notamment auprès de la délégation sarthoise de Maisons Paysannes de France que nous avons recueilli beaucoup d’idées judicieuses.
Nous avons pu y faire des stages pratiques : Les secrets d’un bon enduit à la chaux / Comment fabriquer ses propres peintures et badigeons / Mener des recherches pour faire l’histoire de sa maison / Monter une cloison en torchis etc...
Une visite au site de Maisons Paysannes de France vous renseignera utilement :
http://www.maisons-paysannes.org
Vous pouvez prendre contact directement avec la délégation de la Sarthe :
02 43 94 71 42
sarthe@maisons-paysannes.org
M. Jean Edom
délégué responsable
5 rue Marin Chaligné
72200 CLERMONT-CREANS
Tél. 02 43 94 71 42
En 1995 la maison se présentait ainsi :
On remarque deux parties distinctes :
La restauration ne cherchera surtout pas à uniformiser ces différences, au contraire, elle les rendra visibles : ainsi les pierres d’angles marquant la séparation des deux corps de bâtiments seront laissées partiellement apparentes (dans l’état initial, elles sont masquées par l’enduit et... le poteau électrique !). Le faux encadrement blanc (peinture blanche sur ciment) sera refait en pierre de Bernay.
Il a fallu aussi choisir une époque pour la partie la plus ancienne. Puisque les menuiseries intérieures et le décor peint du plafond se révèlaient du XVIIe siècle, nous avons pris cette époque comme référence pour la réfection de toutes les menuiseries de la partie droite (petits vitraux en losange dans une gamme de verts légers et de jaune clair) et les épis de faîtage en céramique : trois boules superposées).
La porte a été remise à sa place, et l’ancienne porte est redevenue une fenêtre.
La grande fenêtre à croisée de bois n’a pas posé d’interrogation, son encadrement de grès roussard était resté en place.
Les matériaux utilisés :
Autrefois, évitant les transports coûteux, les bâtisseurs privilégiaient l’usage de matériaux disponibles dans l’environnement proche.
Nous avons tout à y gagner en faisant de même autant que possible, pour la cohérence de la maison.
Nous avions appliqué ces mêmes principes au premier bâtiment restauré (pas encore totalement achevé), où nous habitons, et qui nous a servi de test pour un certain nombre de techniques et de matériaux.
Il nous reste encore de quoi faire sur les autres bâtiments, une restauration, ce n’est jamais terminé ; heureusement, nous n’en sommes pas pleinement conscients quand nous commençons...
Espérons que les précédents occupants ne désavoueraient pas notre ouvrage et qu’ils voudraient bien apposer leur signature en guise d’acquiescement ! Celle de Gabriel Thibault (1567) ne manquerait pas de panache...